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mardi 21 septembre 2010

TIGROU EN SYRIE.

 

 

    


Vendredi 17 Sep. Alep la Rousse comme on l’appelle ici est endormie, c’est jour de repos en Syrie sauf les boutiques des quartiers  chrétiens qui ferment le dimanche .Alors nous profitons du calme pour nous rendre  à la Citadelle arabe qui se dresse sur un promontoire haut d’environ 4O mètres en plein centre ville. Elle figure  parmi les plus grandes et les plus anciennes du monde .Après avoir franchi  le pont à huit arches et passés au guichet d’entrée (2,5O€), nous voici à l’intérieur et découvrons les vestiges qui  témoignent bien la succession des civilisations depuis 5OOO ans. Impressionnant de se retrouver au milieu de toutes ces pierres .Malheureusement aucune explication, ni guide .En parcourant  le chemin de ronde, nous avons une belle vue sur l’étendue immense de la ville d’Alep. Le soleil cuisant de midi, nous oblige à quitter  l’intérieur de ces lieux magiques. Face aux murailles, nous nous sommes installés à l’ombre d’une terrasse d’un resto  et avons apprécié notre premier vrai repas .En longeant les murs pour être un max à l’ombre, nous avons retrouvé notre chambre d’hôtel climatisée et avons apprécié la douche froide !
 SAMEDI 18 Sep.  C’est l’Adhan (appel à la prière lancé du haut du minaret par le muezzin) qui nous a réveillé…nous avons bu notre café et direction La Poste pour envoyer un colis de savons car qui ne connait pas le fameux  savon d’Alep. Malheureusement à cette période, les savonneries sont fermées, le savon est fabriqué l’hiver et sèche 9 mois environ .C’est un savon au cœur  verdâtre à base d’huile d’olive et d’essence de laurier  qui lave et nourrit la peau sans la dessécher ni l’agresser. C’est aussi  un excellent détachant pour le linge avant lavage .De suite le fameux morceau a pris place dans la trousse de toilette .Nous sommes passés à la banque échanger une poignée de dollars pour des livres Syriennes, bref de quoi  vivre quelques jours, le coût de la vie est bien inférieur  à celui de la France, surtout la nourriture qui est bon marché, même au resto. Toujours a pied, nous avons osé rentrer dans les souks, ou ça grouillait de partout, beaucoup de familles venues habiller les enfants pour la rentrée scolaire prévue Lundi, les boutiques regorgent de tabliers, sacs d’école et  dans la rue sur des charrettes  se vend des fournitures scolaires, j’ai acheté un cahier pour noter nos péripéties journalières.
 Depuis 3 jours que nous vadrouillons dans Alep, on nous laisse tranquille, on entend pas bonbon, stylo, monnaie  bref une paix royale pourvu que cela dure ! Le tandem est prêt, demain débute le périple … 
 

 

Dimanche 19 Sep : Alep-Idleb : 66 km, dénivelée 536 m.
Levés a 6 h, on déjeune dans la chambre car il est impossible d’avoir tôt  le petit-déj .A 7h30 Tigrou est chargé, nous voici lancé a travers la ville direction Damas…a cette heure-ci la circulation est dense, nous trouvons assez facilement la bifurcation pour Idleb, traversons d’immenses plantations d’oliviers et de champs de coton. Petit arrêt pour photographier enfants et femmes qui cueillent les petites touffes blanches et remplissent les sacs. La route en bon état grimpe, les gros villages construits en pierre blanches ne se détachent pas dans ce paysage aride. En fin de matinée le soleil tape fort (40°), petit arrêt pour acheter du raisin, le marchand nous offre le thé puis Monsieur le maire nous prie d’accepter de prendre le café avec lui, un café serré très fort bouilli 3 fois qui nous empâte la bouche et donne soif ! 10 minutes plus tard nous devons encore accepter de rentrer boire le thé…on nous fait visiter une belle villa ; on nous propose de nous rafraichir sous la douche, de manger et même si l’on veut de dormir ici ! Choukran (Merci). On doit continuer notre chemin ! Nous arrivons à Idleb à 13h3O, le souk anime encore les rues, ici pas d’ânes mais des mobs surchargées de denrées. Un Syrien se veut complaisant, dans un français parfait, il nous souhaite la bienvenue et nous offre des bananes, le boulanger fait de même avec 4 petits pains. Quel accueil ! La ville n’offrant aucun intérêt touristique , nous avons du mal à trouver un hôtel digne de ce nom , bref le Grand Hôtel consent un rabais …marché conclus .Comme il y a un balcon, je tambouille : salade de tomates et boite de thon ,un bol de pâtes avec une vache qui rit en guise de beurre, une grosse pêche jaune et un gâteau au miel ! Après cela, les bébés peuvent faire dodo !
 

 


Lundi 20 Sep. Idleb-Slenfé 69 km, dénivelée :800m.
Notre linge a séché durant la nuit, on enfile la même tenue chaque jour, je ne porte pas de cuissard  car ici la femme  doit avoir les jambes couvertes en dessous des  genoux donc  j’ai un sarouel et je porte  un foulard bien sur (pour le soleil car pour la première fois, nous avons oublié nos casques !) Le compteur annonce 28°, premier achat deux  bouteilles d’eau, nous  remplissons les gourdes dans 5mn ce sera de l’eau chaude, et une autre  en réserve dans un étui isotherme .Nous roulons sur la nouvelle route reliant Lattaquié, elle sera bientôt doublée par l’autoroute, les travaux sont bien avancés. 3O km plus loin, nous bifurquons et suivons une grande plaine fertile ou s’alignent des petites parcelles vertes et jaunes, puis dans la plaine du Ghab, les bédouins sont installés avec leurs troupeaux de chèvres et moutons. Avant d’attaquer la grimpée dans le Djebel  Ansarié (montagne), nous stoppons dans un resto au cadre sympa,  le repas est délicieux, mais  la facture est très salée … normal nous n’avons pas demandé le prix avant de consommer ! 3 x plus cher !
 A  peine digéré tout cela,  que déjà la route se dresse devant nous, un mur de goudron  sous une chaleur torride, allez les pts loups c’est à pied que vous allez monter à Slenfé à 11OOm alt. ! Au bout d’une heure trente avec du 12% sans cesse nous n’avons  avancé que de  5 km, bientôt plus d’eau, l’heure tourne, il faut prévoir que la nuit arrive à 19h  donc impossible d’arriver au but, et comme par miracle une estafette s’arrête et les gars nous proposent de nous charger, ouf ! Tigrou rentre à l’intérieur. Nous voici assis à même le fond du véhicule huileux …c’est sur ce soir il faudra frotter les fonds de culottes ! Nos chauffeurs sont prudents, pendant 12 km, la route sans virage ne fait que de monter avec un pourcentage inimaginable, du  jamais vu depuis que nous roulons à tandem ! Le col est à 13OOm, le véhicule ne s’arrêtera que dans la ville de Slenfé, on nous dépose sans rien vouloir en échange, vraiment sympa les gens ici !
 

 Maintenant reste à trouver une chambre  il y a 2 grands hôtels qui ne correspondent pas à notre budget (+ de 1OO $) alors on demande aux commerçants qui trouvent rapidement une solution, Roland se voit remettre une clef pour un appart grand luxe car la ville est devenue la villégiature des élites Syrienne. Nous nous installons  dans un 1OOm² cuisine aménagée, luxueuse salle de bains avec hammam, 2 chambres, salon, et le couloir pour Tigrou  pour la modeste somme de  16 €. Le linge a séché sur la terrasse, j’ai préparé le dîner : des pâtes aux tomates fraîches, du pâté de poulet en boite et pour étancher la soif  une bière bien fraîche venant de chez l’épicier d’en face. Pas de bruit, la nuit a été excellente !
 


MARDI 21:
 Nous quittons à regret  le nid douillet et Slenfé, nous descendons tranquillement pour profiter du paysage toujours envahit par les petits chênes verts et les genévriers .Sur  notre passage, nous voulions visiter le château de Saladin mais en étudiant notre guide Michelin, Zut fermé le mardi ! 5 km de bonne grimpée et voici  devant nous les ruines du plus grand château médiéval du Proche Orient. Le plus original que les croisés  aient construit. Il s’étend sur 7OOm de long et 12O de large .Après la route qui conduit à Lattaquié est bondée de voitures, camions, bus  c’est stressant ! En plus c’est le premier jour ou le thermomètre affiche à 1O h + de 4O °. Nous trouvons un petit hôtel en centre ville, c’est correct et propre. Nous ne sortons de la chambre que lorsque le soleil est couché pour aller au cyber café car il faut bien vous envoyer des nouvelles mais aussi en recevoir.


 Ici, à perte  de vue des champs d'oliviers, les olives se vendent partout,elles ne sont pas très épicées comme  la nourriture cela  n'enflamme pas la bouche.
A suivre… TIGROU  EN SYRIE

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